Paris...à pied, les yeux ouverts, le nez en l'air
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    C'est un coin du seizième arrondissement tranquille et apparemment sans histoires mais qui, en quelques rues, est un livre d'histoire de l'architecture des cent cinquante dernières années avec ses petits hôtels particuliers de la deuxième moitié du XIXème siècle, ses immeubles bourgeois construits au tournant du XXème siècle, ses villas de Le Corbusier, Mallet-Stevens et autres architectes  des années 20 en rupture avec l'architecture traditionnelle. On y trouve aussi ces immeubles-barres (certes plus élégants que ceux des banlieues mais sans aucun intérêt) qui ont fleuri à partir des années 60/70.

    Plan/Map

    (cliquer sur les photos pour agrandir)

    avant la guerre de 1914

    Il y a d'abord les hôtels particuliers de la rue de l'Yvette  et ceux d'apparence plus modeste et allant par paires de la rue Henri Heine; toutefois, ces derniers ont des jardins derrière que l'on aperçoit depuis le square du Docteur Blanche.

     

    Il y a aussi les immeubles "haussmanniens" (mais le baron aurait sûremet désapprouvé les façades très décorées, l'utilisation des briques vernissées, les logias à l'italienne) de l'architecte Jean Marie Boussard: 76 et 78 avenue Mozart avec un retour sur la rue de l'Yvette et la rue de la Cure, 4 et 6 rue Jasmin et, à peine plus loin, 41, 42 et 45 rue Ribera ainsi que 5 rue Dangeau. Cet architecte avait le goût des cariatides (voir aussi son immeuble de la rue Jean Goujon):

    des sculptures, bas-reliefs et terres cuites:

    des halls d'entrée richement décorés:

    et des briques vernissées bleu pâle qu'il utilisa sur cinq des huit immeubles qu'il construisit dans le quartier (mais également pour le central Gutemberg rue du Louvre):

    Au 4 rue de la Cure, sur le mur de côté, on peut admirer le vitrail du bow window qui doit donner à l'intérieur une atmosphère de serre exotique.

    Enfin, il y a le central téléphonique 21 rue Jasmin construit en 1913 par l'architecte Paul Guadet dans un style "art deco" plus années 20 qu'années 10. Il faut prendre le temps de détailler les motifs en céramique incrustés dans la façade et autour de la porte.

    entre les deux guerres

    Loin des audaces de ses débuts et du Castel Béranger que certains critiques avaient rebaptisé le castel dérangé, Hector Guimard construisit en 1922 un petit hôtel  3 square Jasmin et en 1928 un immeuble si sage qu'on peut ne pas le voir  18 rue Henri Heine mais dont le hall est tout à fait remarquable dans sa simplicité.

    Façades en béton blanc sans ornement, jeu des horizontales et des verticales, grandes baies vitrées (souvent plus larges que hautes, ce qui est une révolution) pour une luminosité maximale, toîts-terrasses, les codes traditionnels de l'architecture parisienne sont jetés aux orties.

    Pierre Patout, qui fut chargé des aménagements et de la décoration des paquebots Ile-de-France et Normandie, dessina l'immeuble 5 rue du Docteur Blanche dont on remarquera la porte et son exceptionnelle ferronerie. Pol Abraham est l'auteur des logements 15 rue Henri Heine et de l'hôtel particulier 24 rue Jasmin.

    Rob Mallet-Stevens qui conçut la villa Noailles à Hyères bâtit  cette rue qui porte son nom: 5 hôtels particuliers et une maison de gardien tout au fond; les vitraux sont de Barillet, les grilles et les portes de Jean Prouvé. Mallet-Stevens se réserva le n°12 et les jumeaux Joël et jan Martel installèrent leur atelier de sculpture au n°10. (Le plan masse d'ensemble a été modifié par des surélévations dans les années 70).

    Le Corbusier reçut commande de deux maisons: l'une pour son frère et l'autre, que l'on peut visiter, pour le collectionneur La Roche; de l'extérieur, les deux villas semblent n'en faire qu'une. La maison La Roche est la première des maisons expérimentales édifiées par Le Corbusier dans Paris et sa région.

    Moins audacieux mais caractéristiques de leur époque, d'autres bâtiments méritent qu'on s'y arrête: l'immeuble en briques rouges et joints creux 5 rue de la Cure, remarquable par le jeux des angles et des courbes dans les étages supérieurs; l'immeuble 40 rue Jasmin en béton teinté dans la masse; le lycée 10 rue du Docteur Blanche; l'ensemble  très "art déco" 31 rue Raffet; l'immeuble 16 rue Ribera pour sa décoration en carreaux cassés au dernier étage.

    après 1945

    Peu de façades intéressantes; toutefois, il ne faut pas laisser passer l'immeuble 11 square Jasmin qui évoque les toiles de Mondrian et l'architecture de Mies van der Rohe pour les formes claires et l'utilisation intensive du verre et de l'acier, ce qui était tout à fait nouveau dans les années 50 à Paris. Il a de plus le mérite d'avoir bien vieilli, au contraire de tant d'autres. Il y a enfin l'extension du central téléphonique 19 rue Jasmin avec sa façade  en métal qui fait référence aux pointes de diamant du palais de Ferrare et de l'église du Gesu nuovo à Naples.

     

    le XXIème siècle

    Outre le terrain à l'angle de la rue Henri Heine et de la rue Jasmin actuellement en friche, un autre terrain est en train de se libérer (juillet 2012) 1bis rue Raffet avec la démolition de ce qui est sans doute le dernier vestige dans ce quartier du Paris d'autrefois. Osera-t-on une architecture futuriste ou choisira-t-on un médiocre pastiche du passé?