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SUR LE TRAJET DU BUS 38

L'itinéraire en bref - Plan et Photos

   

L'itinéraire en bref

   

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    Quasi rectiligne, l'itinéraire du 38 est ponctué, sans doute plus qu'aucun autre, de monuments emblématiques , de quelques Palais du pouvoir, du savoir, de la culture et du divertissement, d'églises, de passages (mais uniquement sur la rive droite),  de fontaines, de statues et de façades ornées de céramiques, de cariatides, de chimères...auxquels il faut ajouter tout ce que l'on peut voir dans les rues adjacentes. Un trajet exceptionnellement riche et divers sur toute sa longueur même s'il est essentiellement haussmannien puisque les boulevards saint Michel, du Palais, de Sébastopol, de Strasbourg et de Magenta ont été percés entre 1852 et 1859.

     

    de la porte d'Orléans à la Gare du Nord puis de la Gare du Nord à Châtelet

(voir le plan avec les photos)

    Les ancêtres: deux lignes de tramway ont précédé le 38. Le 8 de Montrouge à la Gare de l'Est et, dans une moindre mesure, le 63  Fontenay-aux-Roses / Hôtel de Ville qui empruntait les mêmes voies que le 8 entre Alésia et Châtelet.  

    Les Palais du Pouvoir: le Palais du Luxembourg siège du Sénat, le Palais de Justice qui fut le premier palais des rois de France, l'Hôtel de Ville.

    Les Temples du Savoir: l'Observatoire, l'Institut d'Art et la faculté de Pharmacie que l'on voit dans la perspective de la rue Michelet, l'Ecole des Mines, le lycée saint Louis bâti entre 1814 et 1820 sur l'emplacement du collège d'Harcourt dont l'origine datait de 1280, la Sorbonne, le Conservatoire National des Arts et Métiers.

    Les  lieux de Culture: le musée de la minéralogie (au sein de l'Ecole des Mines), le Musée du Moyen Age (dans les Thermes de Cluny), le musée des Arts et Métiers (dans l'église St Martin des Champs intégrée au Conservatoire des Arts et Métiers), le Centre G. Pompidou.

    Les théatres: le théatre de l'Odéon dont on voit le toit à Luxemboug, le théatre du Châtelet et celui de la Ville de part et d'autre de la place, Comédia et le théatre Antoine boulevard de Strasbourg, les théatres de la Renaissance et de la Porte Saint Martin boulevard Saint Martin, le théatre Essaïon rue Pierre au Lard et le théatre du Renard rue du Renard dans l'ancien immeuble du syndicat des épiciers.

    Les églises: St Pierre de Montrouge, le monastère de la Visitation, l'église du Val de Grâce, St Jacques du Haut Pas, le Panthéon (qui fut d'abord une église), l'église de la Sorbonne (désaffectée), la Sainte Chapelle, St Gilles St Leu, St Laurent dont la façade a été reconstruite en 1863-1867 à la suite du percement du boulevard de Magenta, St Martin des Champs, St Nicolas des Champs et, dans la perspective de la rue du Renard, les Tours de Notre-Dame.

    Les autres monuments: la maison de retraite de La Rochefoucauld (Mouton-Duvernet) fondée en 1780, les pavillons de Ledoux (Denfert-Rochereau) les Thermes de Cluny (les Ecoles) qui datent du II/IIIème siècle et sont donc l'un des plux vieux monuments de Paris, le Tribunal de Commerce (Cité) construit en 1865 face au palais de Justice, la Tour Saint Jacques (Châtelet) qui était le clocher  édifié entre 1508 et 1522 de l'église St Jacques de la Boucherie détruite en 1797, le marché saint Quentin bâti en 1866 au 81 boulevard de Magenta (l'un des seuls marché métalliques à avoir survécu) et, cathédrales de la deuxième moitié du XIXème, les gares de l'Est et du Nord, enfin, sur le trajet descendant, la Porte Saint Martin.

    Les célébrités qui ont (ou auraient) pu prendre le 38: le sculpteur Paul Belmondo habitait rue Victor Considérant; Chateaubriand a vécu de 1826 à 1836 au 92 avenue Denfert Rochereau; Camille Flammarion qui popularisa l'astronomie habitait 16 rue Cassini et Alain-Fournier écrivit "le Grand Meaulne" au 2 rue Cassini; Ruben Dario, écrivain nicaraguayen dont on espère qu'il est plus célèbre dans son pays qu'en France a séjourné entre 1909 et 1912 au 4 rue Herschel qui relie l'avenue de l'Observatoire et le boulevard Saint Michel; Alfons Mucha habita et eut son atelier au 6 rue du Val de Grâce; le compositeur César Franck a vécu au 95 boulevard Saint Michel de 1848 à sa mort le 8 novembre 1890, de même que Louis Marin, homme politique, de 1916 à sa mort en 1960; Edouard Branly a habité un peu plus bas, au 87 boulevard Saint Michel, jusqu'à sa mort en 1940; plus bas encore, l'écrivain et communard Jules Vallès est mort au 77 en 1885 deux ans après son retour de Londres où il s'était exilé; l'organiste et compositeur Maurice Duruflé était installé place du panthéon; Paul Valéry a vécu quelques années 12 rue Gay-Lussac; Leconte de Lisle, poète parnassien un peu oublié aujourd'hui, a habité au 64 boulevard de 1872 à sa mort en 1895; le compositeur Francis Poulenc logeait rue Médicis et le comédien Paul Mounet dont le quart d'heure de célébrité est passé depuis longtemps a vécu au 63 de 1910 à 1922. Le compositeur Villa Lobos habita 13 place Saint Michel. Vincent Scotto ( qui écrivit "j'ai deux amours: mon pays et Paris") habita 11 rue du faubourg Saint Martin. Enfin, Eugène Labiche est né le 5 mai 1815 au 67 rue de la Verrerie, presque à l'angle de la rue du Renard.

    Les fontaines: fontaine Wallace (Denfert-Rochereau), fontaine de l'Observatoire avec en arrière-plan les jardins du Luxembourg et le Sénat, place Louis Marin (Auguste Comte), place Edmond Rostand (Luxembourg), place de la Sorbonne (les Ecoles), fontaine Saint Michel et une borne fontaine dite de l'an 2000 sur la place côté pair (Saint Michel), fontaine de la Victoire ou du Palmier (place du Châtelet), une autre fontaine Wallace  devant le square Emile Chautemps qui en possède deux (Réaumur-Sébastopol ou Strasbourg-Saint Denis), fontaine du Vert Bois (1742 restaurée en 1882)  à l'angle de la rue du même nom et de la rue Saint Martin, fontaine 18 rue du Renard (centre G. Pompidou) dont on remarque moins l'eau que le béton, fontaines place de l'Hôtel de Ville auxquelles il faut ajouter, bien qu'elles ne soient pas visibles du bus, la fontaine des Innocents aux Halles et la fontaine de Jean Tinguely et Nikki de Saint Phalle devant l'Ircam à côté du centre Pompidou; au total, 14 fontaines! (voir aussi la rubrique "de A à Z" fontaines et Wallace).

    L'opéra: le troisième acte de la Bohême de Giacomo Puccini se passe à la barrière d'Enfer (aujourdh'hui place Denfert Rochereau) devant une auberge qui pourrait être le "Rendez-vous" ou "l'Indiana" (voir la rubrique "de A à Z" enceintes et octroi) et le deuxième acte de la Rondine, également de Puccini, se passe au bal Bullier qui se tenait à Port-Royal sur l'emplacement occupé de nos jours par le centre universitaire.

    La B.D.: le père de Blake et Mortimer, Edgar P. Jacobs, a utilisé la place Denfert-Rochereau, le PC souterrain des FFI (situé sous le pavillon ouest de Ledoux) lors de l'insurrection de Paris en août 44 et les catacombes dans "L'affaire du collier de la Reine"; et dans "SOS Météores", le capitaine Blake échappe à ses poursuivants à la station Port-Royal du RER (à l'époque ligne de Sceaux) par les marquises au-dessus des voies. Dans les deux albums,le dessin est si fidèle que les passagers du 38 peuvent s'y croire.

    Insurrections/répressions: tous les quartiers de Paris ont connu leurs heures sanglantes et l'itinéraire du 38 ne fait pas exception à l'Histoire. Sous l'Ancien Régime, la place de Grève (aujourd'hui de l'Hôtel de Ville) était l'un des lieux pour les exécutions capitales: La Môle et Coconas y furent bel et bien décapités en 1574  avant d'être les héros d'Alexandre Dumas dans "la Reine Margot"; régicides, Ravaillac et Damien y furent écartelés en 1610 et 1757, la Voisin, compromise dans l'affaire des poisons y fut brûlée en 1682; Cartouche y fut roué vif en 1721 sans compter ceux qui furent pendus; c'est sur cette même place de Grève que la guillotine fut utilisée pour la première fois en 1792; (un arrêté de 1832 transféra l'échafaud à la barrière Saint Jacques "afin que la place de Grève ne puisse plus servir de lieu d'exécution depuis que de généreux citoyens y ont si glorieusement versé leur sang"; sous la Terreur, c'est de la Conciergerie du Palais de Justice que partait la charette des condamnés (plusieurs dizaines par jour!); le Maréchal Ney qui, après avoir abandonné Napoléon I pour Louis XVIII (qui le fit pair de France), rallia l'Empereur au moment des Cent Jours fut passé par les armes à Port-Royal en décembre 1815; en 1871, l'Hôtel de Ville fut incendié par les Communards et au jardin du Luxembourg une plaque rappelle qu'y furent fusillés des insurgés lors de la répression qui suivit; le 30 mars 1892, l'anarchiste Ravachol fut arrêté au 24 boulevard de Magenta dans le restaurant Very où ses camarades firent exploser une bombe le 25 avril tuant deux personnes; en 1944, outre le PC des FFI du colonnel Rol Tanguy à Denfert-Rochereau, le boulevard Saint Michel garde la trace des combats pour la libération de Paris (et des bombardements de 1918) avec les murs criblés de l'Ecole des Mines et les plaques commémoratives individuelles apposées le long du boulevard là où sont tombés les combattants; de façon beaucoup moins dramatique, le boulevard saint Michel fut l'un des hauts lieux des évènements de mai 68. Enfin, un attentat à la bombe le 25 juillet 1995 à la station RER saint Michel fit 8 morts et 117 blessés suivi d' un autre attentat à la bombe à la station RER Port-Royal le 3 décembre 1996 qui fit 4 morts et 170 blessés.