Paris...à pied, les yeux ouverts, le nez en l'air
ou l'architecture dans tous ses détails

LA CITE UNIVERSITAIRE

Les maisons - Les célébrités

   

Les maisons

   

Accueil  

Paris de A à Z

Galeries
bestiaire
boutiques
cariatides
détails
dômes
façades
halls
immeubles industriels
plaques
portes
statues  & sculptures
signatures
divers

Itinéraires

Thèmes

Contact

Liens

    Pour s'y rendre: le bus 88 qui venant de l'avenue René Coty remonte jusqu'au boulevard Jourdan par l'ouest du parc de Montsouris, le bus 21 qui remonte la rue Gazan jusqu'au boulevard Jourdan par l'est, le RER B ( station Cité Universitaire) et le tramway T3. Durée du parcours: environ deux heures. Le parc est ouvert  au public de 7 heures à 22 heures.

    Plan/Map

                                                                                                                                        

    Les principes fondateurs

    Après la boucherie de la première guerre mondiale, les fondateurs de la Cité souhaitaient offrir un lieu d'accueil et d'échanges aux étudiants du monde entier et contribuer ainsi à renforcer les relations internationales et la paix.  Pour ce faire, les maisons doivent accueillir au moins 30% de résidents qui viennnent d'autres pays que le leur; et pour éviter les risques de commnautarisme religieux, la Cité a choisi de se placer sous le signe de la laïcité: aucun lieu de culte n'y est aménagé. La Cité dispose également de courts de tennis, de terrains et de salles de sport, d'une piscine, d'un restaurant et d'un théatre qui sont autant d'occasions de rencontres. 

    L'emplacement

    Sur le boulevard Jourdan, sur l'emplacement des anciennes fortifications de Thiers construites entre 1840 et 1845 et qui entouraient Paris entre les boulevards des Maréchaux et le boulevard périphérique. S'étant révélées inutiles, voire nuisibles (lors de la guerre de 1870, elles avaient facilité le siège de Paris par les Allemands et avaient profité aux insurgés contre les Versaillais pendant la Commune), il fut décidé en 1920 de les démanteler. L'espace, considérable, ainsi libéré fut consacré à l'édification de logements sociaux et d'équipements collectifs tels que lycées, stades, églises, cimetières et espaces verts. Et à la création de la Cité Universitaire Internationale de Paris. L'emplacement retenu face au parc de Montsouris (les bastions 81, 82 et 83 des Fortifs) était d'autant plus judicieux que dès 1932, une station était ouverte sur la ligne de Sceaux (devenue la ligne B du RER) mettant la Cité à moins d'un quart d'heure du Quartier Latin où étaient concentrées toutes les universités parisiennes.

     

    Une entrée imposante sans être solennelle et accueillante avec son portique ouvert; celui-ci est flanqué de deux pavillons symétriques de style vaguement Louis XIII (celui de gauche abrite les services administratifs de la Cité et celui de droite est la résidence Honnorat) et au fond la maison internationale  inspirée du château de Fontainebleau dont l'aile est (à gauche) abrite le théatre et la piscine et l'aile ouest (à droite) est la résidence Robert Garric.    

     

     

     

    Les maisons

    Trente sept maisons sont réparties sur un parc d'environ 34 hectares (le parc a perdu de sa surface à la fin des années 50 avec la construction du boulevard périphérique); elles sont susceptibles d'héberger jusqu'à environ 5600 étudiants et chercheurs et accueillent de nombreuses conférences. Quatre d'entre elles sont protégées par un classement (ou une inscription) "Monuments Historiques": la fondation Emile et Louise Deutsch de la Meurthe avec ses sept pavillons, la fondation suisse, la maison du Brésil et le collège néerlandais.

    Une première vague vit l'édification de maisons entre 1925 et 1937; après la seconde guerre mondiale, la Cité s'agrandit avec une deuxième série de constructions qui va de 1949 à 1969.

    Les tribulations du monde ont  laissé quelques marques sur l'histoire de la Cité: la maison des étudiants arméniens est due à la volonté de réunir des enfants de la diaspora; la maison des étudiants de l'Asie du sud-est s'est d'abord appelée maison de l'Indochine qui était une colonie faisant partie de l'Empire français; l'Allemagne et l'Italie n'ont construit une maison qu'après la guerre; la Russie n'y est pas ni l'Europe centrale, pas plus que la Chine; la maison du Cambodge dut être fermée en 1973 à la suite des rivalités politiques entre factions à l'instar de ce qui se passait à Phnom Penh et n'a rouvert qu'en 2003; la maison de l'Iran, abandonnée par le régime issu de la révolution islamique, est devenue la fondation Avicenne et est gérée directement par la Cité; de la même façon, la maison de Cuba  est aujourd'hui gérée directement par la Cité.  

    Abreu de Grancher (fondation Abreu de Grancher ex-maison de Cuba) n°38 sur le plan

    Destinée aux étudiants cubains, elle date de 1932 et est l'oeuvre de l'architecte Albert Laprade qui fut plus inspirée l'année d'avant lorsqu'il créa pour l'exposition coloniale de 1931 le musée des Colonies porte Dorée à Paris (devenu musée de la France d'Outre-mer puis Cité de l'Immigration). La porte fait référence au baroque espagnol.

     

    Arménie (maison des étudiants arméniens) n°39

    Inaugurée en décembre 1930, la maison des étudiants arméniens est due à l'architecte Léon Nafilyan (dont on peut voir d'autres oeuvres square de l'Alboni et rue Raynouard; voir façades/autres façades et portes) qui s'est directement inspiré de l'architecture religieuse de son pays d'origine; les façades sont ornées d'un bestiaire en frise qui vaut à lui seul le déplacement même s'il est un peu hétéroclite.

     

     

     

    Asie du Sud-Est (maison des étudiants de l'Asie du Sud-Est) n°40

    L'Indochine (dont une grande part était alors colonie française) vue par deux Français un an avant l'Exposition Coloniale qui se tint porte Dorée en 1931. En 1936, les mêmes architectes donneront dans le style des "colleges" anglais pour construire la maison de Grande Bretagne.

     

     

     

    Avicenne (fondation Avicenne ex-maison de l'Iran) n°29

    Dernière maison construite, elle date de 1969 et est la plus originale sur le plan de l'architecture: sa structure est faite de trois arceaux hauts de près de 40 mètres et de deux plateaux horizontaux (l'un au sommet, l'autre à mi-hauteur) auxquels sont suspendus deux caissons de quatre étages chacun. L'architecte a beaucoup aimé les architectures métalliques et peu conventionnelles.Il est bien dommage que le sommet de l'édifice soit surmonté d'une énorme publicité lumineuse destinée aux automobilistes du périphérique! (la photo a été retouchée pour la faire disparaître; les filets sont dus au fait que la maison est fermée pour rénovation). La maison a été renommée en hommage à Avicenne philosophe et médecin d'origine iranienne, au carrefour des pensées occidentale et orientale.

     

     

    Brésil (maison du Brésil) n°2

    La deuxième maison construite par Le Corbusier (la première est  la superbe fondation suisse en 1933), celle-ci en 1953. Elle est hélas la prefiguration des immeubles barre qui se sont multipliés dans les banlieues dans les années 60 et 70 et que l'on s'efforce de détruire aujourd'hui.

     

    Cambodge (maison du Cambodge) n°23

    Le contraste avec la maison de l'Asie du Sud-Est est saisissant; il est vrai qu'à l'époque de sa construction (1956-1957)la France a quitté l'Indochine et l'exotisme colonial n'est plus de mise.Toutefois, le soubassement et les sculptures se veulent une évocation des temples d'Angkor.

     

    Deutsch de la Meurthe (fondation Emile et Louise Deutsch de la Meurthe) n°31

    La fondation Deutsch de la Meurthe, constituée de six pavillons autour d'un bâtiment central et de son beffroi, est le premier ensemble construit à la Cité en 1925 dans un style inspiré des collèges anglais d'Oxford et de Cambridge. Son architecte Lucien Bechmann édifiera ensuite les deux pavillons de l'entrée avec sa colonnade, la maison internationale et, en 1950, la fondation Victor Lyon.

     

    Grèce (fondation hellénique) n°35

    Elle fut ouverte en 1932 et l'architecte grec formé à Paris Nicolas Zahos s'est directement inspiré des temples de la Grèce antique; la frise qui porte les noms des personnages célèbres de la Grèce antique nous rappelle que ces temples étaient peints; la chouette au-dessus de la porte était l'oiseau d'Athena, déesse de la sagesse.

    Italie (maison de l'Italie) n°9

    Simplicité, sobriété, élégance sont quelques-uns des mots qui viennent spontanément à l'esprit quand on regarde la maison de l'Italie; on pourrait ajouter équilibre, sens des proportions et du rythme. La porte d'entrée, les arcades du rez-de-chaussée, la fenêtre géminée, la loggia du quatrième étage sont autant de citations de l'architecture italienne classique; les fenêtres cintrées quant à elles font évidemment référence au Palais de la Civilisation Italienne construit dans les années trente dans le quartier de l'UER à Rome.

     

     

    Japon (maison du Japon) n°11

    La maison du Japon fut entièrement payée par un richissime Japonais amoureux de la France où il vécut de nombreuses années et qui fréquenta assidûment les artistes de Montparnasse où il rencontra son compatriote Foujita; ce dernier, qui habita un temps non loin de là rue du square de Montsouris, peignit deux toiles qui sont toujours en place dans la maison.

     

    Lucien Paye (résidence Lucien Paye) n°32

    Destinée lors de sa fondation à accueillir les étudiants de la France d'outre-mer (principalement d'Afrique et d'Océanie), ce n'est qu'en 1972 qu'elle prend le nom de Lucien Paye. Elle est l'oeuvre de l'architecte Albert Laprade qui avait déjà construit la fondation Abreu de Grancher. C'est la seule maison de la Cité à être dotée d'un toît en cuivre. Au-delà de la résidence se trouve "l'espace ouest" qui était le restaurant construit également par Albert Laprade.

     

    Maroc (maison du Maroc) n°4

    Autre maison construite par Albert Laprade, celle du Maroc où il a longtemps séjourné avant la deuxième guerre mondiale; la porte principale sur le boulevard Jourdan, les tuiles vernissées (une rareté à Paris!), le patio intérieur sont autant d'éléments qui affirment les liens de la maison avec son pays.

    Mexique (maison du Mexique) n°18

    Pays-bas  (collège néerlandais) n°41

    Dessiné dès 1927 par Willem Dudok et commencé en 1929, le bâtiment ne fut achevé qu'en 1938 après une interruption des travaux due à la crise économique; c'est de l'extérieur de la Cité, en venant de la porte d'Orléans, qu'on en apprécie ses lignes austères et ses volumes rigoureux. A noter la simplicité de l'entrée.

     

    Provinces de France (maison des provinces de France) n°37

    Avec ses 320 chambres, elle est l'une des plus grandes maisons de la Cité; son architecte Armand Guéritte avait déjà construit la maison de la Belgique.

     

    Scandinavie

    Bien que construites à des époques différentes, les trois maisons du Danemark (n°8), de la Norvège (n°5) et de la Suède (n°10), sont proches les unes des autres et font, chacune à sa façon, référence au style des maisons scandinaves. Le bleu des volets est celui des armes et du drapeau de la Suède.

    Suisse (fondation suisse) n°7

    L'une des plus célèbres et des plus réussies maisons de la Cité, créée par Le Corbusier en 1933 qui a  évité toute référence folklorique. Il avait également réalisé deux peintures (détruites).

     

    Les maisons professionnelles

    Trois maisons sont reliées à des professions et non à un pays: la maison de l'Institut National Agronomique (n°13), superbe bâtiment "art deco" qui vient d'être rénové, la maison des Industries Agro-alimentaires (n°6), sobre et élégante qui date de 1956, et la maison des élèves-ingénieurs des Arts et Métiers (n°30) ou plutôt les maisons puisque le premier bâtiment date de 1950 et le second, situé de l'autre côté du périphérique, de 1961; une passerelle au-dessus du périphérique et l'utilisation des mêmes matériaux assure l'unité du binome.

     

     

     

     

    Autres maisons

    Allemagne n°26 (maison Heinrich Heine), Argentine n° 25 par deux architectes argentins et un architecte français dans le style des "estancias" de la pampa, Belgique et Luxembourg n°16 (fondation Biermans-Lapotre), Canada n°28 (maison des étudiants canadiens), Espagne n°12 dont les abords sont ornés de bronzes en provenance du musée de la Reine Sofia;

     

     Etats-Unis n°19, Grande-bretagne n°15 dans une imitation des "colleges" anglais par les architectes de la maison de l'Asie, Inde n°3 qui n'est pas la plus intéressante, Liban n°17 dont l'un des pavillons évoque Mondrian, Monaco n°36 très conventionnelle mais non dépourvue d'élégance, Portugal n°1 (résidence André de Gouveia humaniste portugais du XVIème qui fut aussi recteur de la Sorbonne) dont l'entrée est particulièrement originale,  Tunisie n°34 qui est sûrement la moins intéressante et enfin la fondation Victor Lyon n°27.

     

     

    Autres bâtiments

    Les "espace ouest" et "espace sud" furent construits, le premier en 1930 par Albert Laprade et le second en 1966, pour servir de restaurants. Ils sont utilisés de nos jours comme locaux pluri-disciplinaires dédiés aux activités sportives et culturelles.

     

     

    Et pour compléter le parcours

    voir: itinéraires / autour du parc de Montsouris

    voir aussi le site de la Cité: www.ciup.fr                                                                                                                                                                  page suivante>