Paris...à pied, les yeux ouverts, le nez en l'air
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DIX-SEPTIEME ARRONDISSEMENT

Ternes - Monceau - Batignolles & Epinettes

   

Batignolles & Epinettes

   

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    L'urbanisation des Batignolles et des Epinettes a commencé dès les années 1827-1835 et s'est accélérée avec la construction de la première ligne de chemin de fer (de Paris à Saint Germain en 1837) puis de la petite ceinture (ouverte en 1853) en correspondance à Pont Cardinet. Les emprises du rail n'ont alors cessé de s'étendre sur les Batignolles jusqu'à représenter pas loin de la moitié du quartier avec la gare de marchandises, le dépôt et les ateliers de réparation. Nombre de ces locomotives étaient d'ailleurs fabriquées tout à côté dans les usines Gouin fondées en 1846; les usines étaient implantées entre l'avenue de Clichy et les rues Boulay, Level et de La Jonquière et employaient 2300 personnes en 1855, ce qui explique qu'en 1860 au moins la moitié des Epinettes était lotie. L'entreprise Gouin a depuis quitté le quartier mais, transformée en Société de Construction des Batignolles, elle  a fusionné en 1968 avec la SPIE créée en 1900 pour donner naissance à la société Spie-Batignolles qui est aujourd'hui le quatrième constructeur français en génie civil, travaux publics et bâtiment.

    plus d'info et de photos sur le passé et l'avenir des Batignolles sur www.didierfavre.com

 

    Bien sûr, les façades dans cette partie du 17ème  sont plus modestes, moins ornées qu'aux Ternes ou à Monceau et les dômes si caractéristiques de l'architecture bourgeoise entre 1860 et 1914 sont plus rares; mais il suffit d'ouvrir les yeux et de lever le nez pour faire de belles découvertes.

     

les Batignolles

     

 

 

 

 

les Epinettes et la Cité des Fleurs

    La cité des Fleurs est un de ces lieux "secrets" à des années-lumière du Paris Haussmannien. Elle fut créée en 1847 par Lhenry et Bacquerie de La Vasserie qui fixèrent très précisément les règles de lotissement (alignement des façades, hauteur à respecter, arbres à planter, etc). Le peintre Alfred Sisley (1839-1899) habita au n°27 avant de s'installer au  41 rue Nollet et le peintre Lucien Fontanarosa (1912-1975) vécut au n°32. Ce dernier a d'ailleurs réalisé quatre panneaux pour le groupe scolaire de la rue Ampère. Le n°59 de la cité donne accès à l'église Saint Joseph des Epinettes.

     

 

les peintres, les écrivains, les compositeurs et autres célébrités

    A la jonction des 8ème, 9ème, 17ème et 18ème arrondissements, la place de Clichy a inspiré de nombreux peintres,

     

 

 

 

    tandis que d'autres se sont inspirés du quartier où ils habitaient ou qu'ils fréquentaient:  Frédéric Bazille (1841-1870) travailla 9 rue de La Condamine mais aussi avec Auguste Renoir (1841-1919) 6 rue de La Condamine en 1868. Jules Bastien-Lepage (1848-1884) habita rue Legendre. Pierre Bonnard (1867-1947) eut son premier atelier 14 rue Le Chapelais et habita 48 boulevard des Batignolles. Louis Abel Truchet (1857-1918) habita 4 rue Caroline.

     

 

 

 

 

 

    Blaise Cendrars (1887-1961) vécut 17 rue du Mont Doré et Paul Eluard (1895-1952)  54 rue Legendre. Max Jacob (1876-1944) occupa une chambre d'hôtel 55 rue Nollet. Stéphane Mallarmé (1842-1898) vécut 89 rue de Rome. Guy de Maupassant (1850-1893) s'installa 83 rue Dulong. Georges Simenon (1903-1989) logea à l'hôtel Beauséjour 42 rue des Dames puis à l'hôtel Bertha 1 rue Darcet. Paul Verlaine (1844-1896) habita 26 rue de l'Ecluse, 10 rue Nollet et 45 rue Lemercier. Alfred de Vigny (1797-1863) séjourna 1 rue Nollet et Emile Zola (1840-1902) passa du 23 rue Truffaut au 14 rue de La Condamine avant d'habiter 92 avenue de Clichy.

    Arthur Honegger (1892-1955) logea 1 square Emmanuel Chabrier tandis qu'Emmanuel Chabrier (1841-1894) vécut 26 rue de l'Ecluse. Albert Roussel (1869-1937) occupa un appartement 2 square Gabriel Fauré et Maurice Ravel (1875-1937) un autre 19 boulevard Pereire.

    Joséphine Baker (1906-1975) a habité 23 boulevard des Batignolles.  Maurice Barrès (1862-1923) s'installa 12 rue Legendre puis 6 rue Caroline. Nina de Caillas (1843-1884) qui servit de modèle à Manet pour sa Dame à l'éventail tint un salon 82 rue des Moines qui prit le relais de celui de la marquise de Ricard 10 boulevard des Batignolles où se rencontraient les poètes parnassiens mais aussi Stéphane Mallarmé, Paul Verlaine, etc.

     

     

les lieux emblématiques

    La place de Clichy marquait la limite de Paris jusqu'en 1860 avec son monument à la gloire du maréchal Moncey, défenseur de la "barrière" (porte) contre les coalisés en 1814; le piédestal reproduit le tableau d'Horace Vernet illustrant le fait d'armes. Le Père Lathuille était une auberge située à l'emplacement de l'actuel 9 avenue de Clichy; une gravure d'époque montre le père Lathuille distribuant des vivres aux soldats du maréchal Moncey; plus de cinquante ans après, un tableau d'Edouard Manet atteste que l'auberge existait encore. Le café Guerbois était situé juste à côté et était l'un des lieux de réunion des impressionistes autour de Cézanne et de Manet.  Le Bouillon Pascal et le Kursaal se sont ouverts en 1906 à la place du Père Lathuille; le Kursaal était une salle de spectacle où se produisirent entre autres Maurice Chevalier et Fréhel; elle ferma en 1932. Le marché des Epinettes (ou des Batignolles) datait de 1867 et a été démoli en 1975. Le théatre des Batignolles, aujourd'hui théatre Hébertot, fut ouvert en 1838. Salle de bal et de banquets puis de meetings, la Réunion 8 rue de Lévis fut ouverte en 1810; y prirent la parole Ledru-Rollin, Auguste Blanqui, Louise Michel et Victor Hugo; elle devint brûlerie de café en 1885 avant d'être transformée en logements. Quant aux Grands Bains Tivoli ils étaient établis au 32 boulevard des Batignolles.

     

 

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