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DIX-SEPTIEME ARRONDISSEMENT

Ternes - Monceau - Batignolles & Epinettes

   

Monceau

   

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    Le quartier de la plaine Monceau est certainement l'un des plus huppés de la capitale et s'est développé à partir de la deuxième moitié du XIXème siècle, sous l'impulsion du baron Haussmann et des frères Pereire, banquiers de leur état qui financèrent la première ligne de chemin de fer de Paris à Saint Germain et acquérirent de nombreux terrains dans la plaine Monceau, aux Batignolles et aux Epinettes;  un quartier huppé où la discrétion est aujourd'hui de rigueur avec ses immeubles bourgeois et ses très nombreux hôtels particuliers, quelques-uns superbes, d'autres plus modestes; mais cette discrétion n'a pas toujours été la règle dans le passé: nouveau quartier, il attira les personnalités à la mode, industriels et banquiers qui y donnaient de somptueuses réceptions, artistes en vogue, mais aussi "courtisanes" entretenues par de riches protecteurs dans certains des hôtels particuliers.

 

                                       

les façades

 

 

 

les hôtels particuliers

    Malgré les destructions, ils restent particulièrement nombreux, notamment rue Ampère, rue Fortuny, rue de Prony et rue Henri Rochefort, mais aussi rue Jouffroy, rue Alfred Roll, rue Eugène Flachat, rue Jacques Bingen, boulevard Berthier et boulevard Pereire et, bien sûr, place du Général Catroux avec l'hôtel Gaillard, le plus extravagant de tous.

     

 

leurs ornements

 

 

 

deux bâtiments remarquables: l'hôtel Gaillard et le 132 rue de Courcelles

    Le premier est un extravagant hôtel particulier construit en 1884 (histoire de l'hôtel Gaillard), le second un immeuble d'habitation de 1907 avec ses dômes ornés de céramique et son extraordinaire frise animalière.

     

 

 

les ateliers d'artistes

    Que ce soient des immeubles entiers ou des studios isolés en dernier étage (il faut y ajouter ceux qui donnent sur cour et dont on ne soupçonne pas l'existence de la rue), on en trouve beaucoup, signe de la vitalité de la vie artistique du quartier sous le II Empire et au début de la III République.

     

 

 

 

       

les peintres

    Pierre Carrier-Belleuse (1851-1933), fils du sculpteur qui fut l'un des professeurs de Rodin, était installé dans l'un des ateliers du 29-31 boulevard Berthier. Giorgio di Chirico (1888-1978) habita un temps 4 rue Meissonier. Edouard Detaille (1848-1912) vécut 129 bd Malesherbes. François Flameng (1856-1923), fort célèbre de son vivant, eut son atelier 61 rue Ampère. Henri Gervex (1852-1929) avait un hôtel 97 boulevard Malesherbes avant de déménager 12 rue Léon Jost.  Godefroy Jadin (1805-1882) peintre animalier et paysagiste, ami intime d'Alexandre Dumas avait son atelier 9bis rue Jadin. Edouard Manet (1832-1883) qui déménagea souvent eut brièvement un atelier 8 rue Médéric alors qu'il habitait 34 boulevard des Batignolles. Ernest Meissonier (1815-1891) qui fut considéré de son vivant comme l'un des plus grands peintres avant dêtre voué aux gémonies, oublié et réhabilité, s'était fait construire un hôtel (détruit) 131 boulevard Malesherbes. Alphonse de Neuville (1836-1885) élève de Delacroix et spécialisé dans les scènes de batailles avait son hôtel au 89 boulevard Pereire. Pierre Puvis de Chavannes (1824-1898) qui participa à la décoration de l'Hôtel de Ville, du Panthéon, de la Sorbonne, vécut 89 avenue de Villiers. Alfred Stevens (1823-1906) d'origine belge était installé 20 rue Eugène Flachat.

     

     

     

    Alfred Roll (1846-1919) eut un atelier  au 17 dans la rue qui porte son nom et un autre 41 rue Alphonse de Neuville; il habitait 73 avenue Niel. Odilon Redon (1840-1916) vivait 129 avenue de Wagram. Le boulevard Berthier fut le hâvre de peintres célèbres comme John Singer Sargent (1856-1925) puis Giovanni Boldini (1842-1931) au 41 et d'autres moins connus: Georges d'Espagnat (1870-1950) au 19, Paul Chabas (1869-1937) au 23,  Gaston Guignard (1848-1922) au 25, René Billotte (1846-1915)  qui peignit un soir d'hiver à la porte de Courcelles (musée de Bordeaux) au 29, Guillaume Alaux, Paul Antin, Léon Couturier, Victor Lesur au 29-31 dans l'immeuble d'ateliers, Ernest Duez (1843-1896) au 39, Georges Rochegrosse au 61. L'illustrateur Maurice Leloir (1851-1940) vécut 21 avenue Gourgaud. Jean-François Raffaelli (1850-1924) habita 202 rue de Courcelles tandis que Kees van Dongen (1877-1968) s'installa au 75 de la même rue après avoir eu un atelier rue Juliette lamber. René de Saint Marceaux (1845-1915) qui sculpta la statue d'Alexandre Dumas fils installée en face de celle de son père place du Général Catroux travaillait 23 avenue de Villiers. Edouard Vuillard (1868-1940) eut un atelier 112 boulevard Malesherbes. Le peintre tchécoslovaque Jeroslav Cermak (1830-1878) eut une maison (détruite) 128 avenue de Wagram.

     

     

     

    Ont aussi vécu dans le quartier de la plaine Monceau: Georges Clairin (1843-1919) qui peignit plusieurs portraits de Sarah Bernhardt, Rosa Bonheur (1822-1899) peintre animalière, féministe avant l'heure qui s'habillait en pantalon et fut la première femme artiste décorée de la Légion d'Honneur, Léon Bakst (1866-1924) peintre et décorateur lié aux Ballets Russes dont il réalise les costumes et les décors entre 1909 et 1921, le maître-verrier Joseph Ponsin  qui se fit construire le 42 rue Fortuny orné du portrait de Bernard Palissy. La statue de la Liberté dessinée par Bartholdi dans son atelier de la rue Vavin fut fabriquée dans les ateliers de la fonderie Gaget et Gauthier 25 rue de Chazelles de même que la structure conçue par Gustave Eiffel pour la maintenir; une fois assemblée, elle fut démontée et expédiée à New York. Deux versions plus petites furent faites pour Paris: la plus petite est au jardin du Luxembourg, la seconde sur l'île aux cygnes au niveau du pont de Grenelle. C'est la même fonderie qui restaura la colonne Vendôme après la Commune. Enfin, James Tissot (1836-1902) et Claude Monet (1840-1926) ont peint le parc Monceau.

     

     

     

     

     

les musiciens

    Le pianiste Alfred Cortot (1877-1962) fonda l'Ecole normale de musique de Paris 114bis boulevard Malesherbes. Ernest Chausson (1855-1899) vécut 22 boulevard de Courcelles. Gabriel Fauré (1845-1924) qui fut élève de Saint-Saens habita un temps 154 boulevard Malesherbes.  Claude Debussy (1862-1918) vécut 10 rue Gustave Doré puis 58 rue Cardinet; Gabriel Fauré (1845-1924) habita 154 boulevard Malesherbes; Charles Gounod (1818-1893) était installé au n°20 de la place du Général Catroux; Albert Gourron dit Albert Alvarez, ténor, se fit construire un hôtel 23ter boulevard Berthier. André Messager (1853-1929) habita au 103 rue Jouffroy et 174 boulevard Malesherbes. Robert Planquette (1848-1903) à qui l'on doit Sambre et Meuse et les Cloches de Corneville a habité 145 boulevard Pereire.  Albert Roussel (1869-1937) habita 11bis rue Viète puis 157 avenue de Wagram avant de s'installer 2 square Gabriel Fauré. Camille Saint-Saens (1835-1921) vécut 91 (ou 83bis?) rue de Courcelles. Igor Stravinski (1882-1971) habita 21 rue Viète. Le compositeur américain Virgil Thomson (1896-1989) eut ses quartiers 9 rue Médéric.

     

les écrivains

    Alphonse Allais (1854-1905) vécut 7 rue Edouard Detaille. Tristan Bernard (1866-1947) a habité 9 rue Edouard Detaille puis rue Eugène Flachat. Henri Barbusse (1873-1935) logea 105 rue de Courcelles. Alexandre Dumas fils (1824-1895) était installé 98 avenue de Villiers et mourut 11 rue Ampère; son oeuvre la plus connue reste La Dame au Camélia dont Verdi s'inspira pour composer la Traviata.  Joseph Kessel (1898-1979) habita 43 rue de Prony. Pierre Louys  (1870-1925) vécut 147 boulevard Malesherbes; ami d'André Gide et de Paul Valéry, il écrivit les Chansons de Bilitis mises en musique par Debussy et le Roi Pausole dont Honegger fit une opérette. Guy de Maupassant (1850-1893) passa l'année 1884 au 10 rue Jacques Bingen. Catulle Mendès (1841-1909) qui écrivit des livrets pour Emmanuel Chabrier et  André Messager logea 160 boulevard Malsherbes. Marcel Pagnol (1895-1974) habita 13 rue Fortuny entre 1933 et 1950. Edmond Rostand (1868-1918) dont la pièce l'Aiglon fut créée par Sarah Bernhardt, était installé 2 rue Fortuny. Victorien Sardou (1831-1908)  habita 64 boulevard de Courcelles; c'est de sa pièce la Tosca que Puccini tira son opéra.

     

     

les autres célébrités

    la belle Otéro (1868-1965), artiste de cabaret et de cinéma mais surtout courtisane qui eut pour amants le Prince de Galles futur Edouard VII , Léopold II de Belgique, Aristide Briand et quelques autres eut son hôtel 27 rue Fortuny. Geneviève Lantelme (1887-1911) actrice et courtisane fut sa voisine au 29 rue Fortuny. Autre grande horizontale, Valtesse de La Bigne (1848-1910) tint 98 bd Malsherbes un salon fréquenté par Manet, Gervex, Courbet et bien d'autres, ce qui lui valut le surnom de "l'union des peintres"; on peut admirer son portrait au musée d'Orsay et son lit au musée des Arts Décoratifs. Sarah Bernhardt (1844-1923) qui commença dans la galanterie habita 35 rue Fortuny puis eut son hôtel (détruit) 53 boulevard Pereire; de nombreux peintres de la plaine Monceau firent son portrait. Yvette Guilbert (1868-1944) artiste de music-hall dont Toulouse Lautrec fit plusieurs portraits habitait un superbe hôtel (détruit) 23bis  boulevard Berthier; elle fut la créatrice de Madame Arthur reprise dans les années 1960-1970 par Barbara. La Princesse Mathilde (1820-1904), nièce de Napoléon I, habita 10 puis 22 rue de Courcelles (ce dernier hôtel est aujourd'hui détruit) où elle tenait un salon littéraire fréquenté notamment par les frères Goncourt et Gustave Flaubert. Madame Aubernon de Nerville tint salon 11 rue Jacques Bingen et Juliette Adam (1836-1936)  190 boulevard Malesherbes. Isadora Duncan (1877-1927) et son frère Raymond (1874-1966)  habitèrent 45 avenue de Villiers en 1900 où ils reçurent Rodin. Gabriel Astruc (1864-1938) organisateur de concerts, résida 44 rue Cardinet; on lui doit la création de Salomé de Richard Strauss en 1907 et les ballets russes de Diaghilev en 1909; il fit construire le théatre des Champs-Elysées par Auguste Perret en 1913.

     

           

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