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DIX-SEPTIEME ARRONDISSEMENT

Ternes - Monceau - Batignolles & Epinettes

   

Ternes

   

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    Les Ternes sont tout à la fois un quartier résidentiel (bourgeois mais moins guindé que la plaine Monceau) et un quartier d'affaires et de loisirs, d'où sa vitalité et son animation. Son développement s'est essentiellement fait à partir de 1860, après l'annexion des villages situés entre le mur des Fermiers Généraux et les fortifications de 1840.

     

les façades

    La pierre de taille est omni présente et le pourcentage de façades en brique ou en plâtre est relativement faible, ce qui a évité au quartier les démolitions des années 60/70 remplacées par les horreurs en béton brut que l'on voit ailleurs et que les architectes de l'époque disaient être des chef-d'oeuvre de la modernité (mais sur lesquelles ils prenaient soin de ne pas laisser leur signature); il faut lever les yeux pour admirer la décoration en mosaïque de l'ensemble HLM place du Général Koenig: dans les années 30, logement social ne voulait pas dire au rabais! à noter la façade très récente 41 avenue de Wagram en remplacement du théatre de l'Empire qui ne se contente pas d'être platement une façade en verre; juste en face et bien que dans le huitième arrondissement, se trouve la façade "art nouveau" du Ceramic Hôtel.

     

 

leurs dômes

    Ils vont très souvent de pair avec les immeubles en pierre de taille bâtis entre 1860 et 1914, d'où leur grand nombre dans le quartier des Ternes; mais ici, les architectes ont su y apporter des variantes qu'on ne retrouve pas toujours ailleurs.

     

 

 

 

leurs ornements

 

les ateliers d'artistes

    Même si les artistes du XIXème siècle choisirent plutôt Monceau ou les Batignolles pour vivre et travailler, le quartier des Ternes conserve un certain nombre d'immeubles ateliers (auxquels il faudrait ajouter les ateliers donnant sur cour et non visibles depuis la rue). Beaucoup ont été rénovés récemment, notamment ceux de la rue Emile Allez avec des couleurs très réussies bien que fort peu parisiennes; ces derniers ateliers ont conservé la poulie qui permettait de hisser les grandes toiles par l'extérieur. Enfin, de nombreux ateliers d'artistes, détruits aujourd'hui, se trouvaient rue Aumont-Thiéville entre 1900 et 1914.

     

les loisirs

    La salle Wagram fut fondée en 1812 sous forme de guinguette (située en dehors de l'enceinte de Paris, le vin qu'on y consommait n'était pas soumis aux taxes d'octroi) et transformée en 1865; salle de bal, de meetings, mais aussi salle de sport et de spectacle avec ses combats de boxe (les Parisiens y applaudirent notamment Georges Carpentier et Marcel Cerdan), elle a souvent été utilisée comme studio d'enregistrement et a servi de décor à de nombreux films.

    Le théatre de l'Empire 41 avenue de Wagram fut bâti en 1897 sur l'implantation d'un Cercle Nautique; reconstruit en 1924 et rénové en 1962, il servit de cadre à de nombreuses émissions de télévision avant dêtre détruit par un incendie en 2005 et remplacé par un hôtel de luxe. Juste un peu plus bas dans l'avenue se tient le Cercle Wagram, l'un des très rares cercles de jeux d'argent à s'afficher dans Paris. Bien que dans le 8ème arrondissement, la salle Pleyel est à côté de la place des Ternes.

    En 1816 des montagnes russes avaient été installées rue Bélidor. Un parc d'attaction baptisé Luna Park s'était construit en 1909 porte Maillot avec un scenic railway; fermé en 1945, il fut démoli en 1948 pour faire place au Palais des Congrès.

     

     

     

les affaires, le commerce et le travail

    Une usine à gaz (obtenu par la distillation du charbon) occupa de vastes terrains entre la rue de Courcelles et la rue des Renaudes de 1821 à 1894 et empuantissait tout le voisinage. En 1892 la manufacture Clément, fabricant de cycles puis d'automobiles, était installée rue Brunel avant de transporter ses ateliers à Levallois-Perret. En 1912, les Magasins Réunis (aujourd'hui la Fnac) s'installent à la place de "L'Economie Ménagère". Aujourd'hui, les sites industriels ont disparu et laissé la place aux bureaux; le quartier en compte beaucoup sans pour autant être vidé d'habitants; à cela s'ajoute le tourisme de loisirs et d'affaires avec le Palais des Congrès.

     

 

 

 

 

 

les artistes et célébrités

    Edmond Audran compositeur (1842-1901) habita 27 rue Guillaume Tell. Léon Barillot peintre et graveur animalier (1844-1929) vécut au 29bis rue Pierre Demour. Albert Besnard (1849-1934)  habita 17 rue Guillaume Tell. Le 2 place du Général Koenig fut le dernier domicile parisien de Pierre Bonnard (1867-1947). Jules Cheret peintre et affichiste (1836-1932) était installé 41 rue Bayen. Edouard Detaille peintre (1848-1912) vécut 24 avenue de la Grande Armée avant de s'établir 129 boulevard Malsherbes. Le capitaine Dreyfus habita 7 rue des Renaudes.  Albert Edelfelt peintre finlandais (1854-1905) à qui l'on doit un célèbre portrait de Pasteur habita 147 avenue de Villiers où il partagea un atelier avec Pascal Dagnan-Bouveret (1852-1929), Gustave Courtois et Jules Bastien-Lepage (1848-1884) avant que celui-ci n'émigre rue Legendre. Gabriel Fauré (1845-1924) habita 93 avenue Niel. Maurice Ravel (1875-1937) habita 4 avenue Carnot. Le peintre Georges Rochegrosse habita l'un des pavillons de la villa des Ternes de même que le romancier Edmond About (1828-1885). Déodat de Séverac (1872-1921) vécut 17 rue Brey. Louis Vierne compositeur et organiste (1870-1937) habita 32 rue Saint Ferdinand.  

     

     

     

    A l'exception de Pierre Bonnard, ces artistes sont aujourd'hui bien oubliés et pourtant!

    Albert Besnard qui fut Grand Prix de Rome en 1874 et membre de l'Académie Française (le premier peintre depuis 1760!) fit le portrait de nombreuses personnalités telles que la princesse Mathilde, la comédienne Réjane, Gabriele d'Annunzio, Mr et Mme Cognacq propriétaires de la Samaritaine; il peignit le vestibule de la faculté de Pharmacie, un amphithéatre de la Sorbonne, un plafond de l'Hôtel de Ville de Paris, celui de la Comédie Française et la coupole du Petit Palais.

    Pascal Dagnan-Bouveret participa à la décoration de l'Hôtel de Ville et de la Sorbonne; les musées d'Orsay à Paris, de Lyon, de Chambery, le Metropolitan museum de New York conservent des toiles de lui.

    Jules Chéret réalisa des centaines d'affiches pour des lieux (Moulin Rouge, Folies Bergères, Musée Grévin dont il peignit le rideau de scène du théatre), des produits, des artistes et il influença Toulouse-Lautrec qu'il connaissait; il décora aussi un salon de l'Hôtel de Ville de Paris, la préfecture de Nice...

    Albert Edelfelt vint à Paris en 1874 où il fut l'élève de Jean-Léon Gérome; le musée d'Orsay conserve plusieurs toiles de lui.

     

     

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