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    Les Romains se soucièrent d'alimenter la ville de Lutèce en eau, et notamment les thermes dits de Cluny, grâce à un aqueduc construit au IIIème siècle; sans connaître le zéro ni la trigonométrie, ils réussirent à lui donner une pente moyenne de 30cm par kilomètre sur une longueur d'environ 10 km! Il fut détruit lors des invasions normandes au IXème siècle. Au XVIIème, la reine Marie de Médicis fit construire un nouvel aqueduc pour alimenter son palais et ses jardins du Luxembourg (aujourd'hui le Sénat) qui avaient un tiers de l'eau; un deuxième tiers allait à des couvents et à des particuliers assez riches pour acheter un branchement et le dernier tiers aux fontaines publiques, la répartition se faisant dans la Maison du Fontainier qui existe toujours à l'extrémité de l'avenue de l'Observatoire et fut utilisée jusqu'en 1904; cet aqueduc fut financé par un impôt sur le vin  qui fut ainsi changé en eau! En 1802, Napoléon I fit creuser le canal de l'Ourcq (achevé en 1825) pour améliorer l'alimentation en eau des Parisiens et de leurs chevaux (un cheval de trait boit entre dix et cent litres d'eau par jour selon le travail fourni!); Napoléon III fit bâtir les réservoirs de Montsouris, des Lilas et de Ménilmontant, multiplia les fontaines utilitaires et ornementales, créa le double réseau d'eau potable et d'eau non potable et développa les égouts car il ne suffit pas d'amener l'eau; il faut aussi l'évacuer après usage.

    (cliquer pour agrandir)

            

     

     

     

     

     

    Sir Richard Wallace, héritier d’une fortune considérable vécut  et mourut (1890) à Paris où il fit installer à ses frais une centaine de fontaines d'eau potable portant son nom sur un modèle de Charles Lebourg (1872); ces fontaines furent d'autant plus appréciées des Parisiens qu'à l'époque la plupart des logements n'avaient pas l'eau et que les habitants devaient aller s'approvisionner aux fontaines ou acheter l'eau aux porteurs qui sillonaient la ville. Réalisées en fonte, les fontaines font couler un filet  d'eau en continu du dôme porté par quatre cariatides représentant la Simplicité, la Bonté, la Sobriété et la Charité. Par la suite, la ville mit au point un modèle simplifié de fontaine Wallace dont il reste un exemplaire place de Barcelone. Ignoré à Paris, sir Richard Wallace a droit à un  boulevard à Neuilly et des copies de ses fontaines sur les "Remblas" de Barcelone ainsi que dans certaines villes de province.

    Contrairement à la légende, nos ancêtres se lavaient, les Parisiens comme les autres. Sûrement pas tous et sans doute pas aussi souvent que nous (mais jusqu'à la fin du XIXème siècle, l'eau était une denrée rare dans les villes et il fallait partager avec les chevaux): les Gallo-romains disposaient des thermes dont il reste des vestiges à l'angle des boulevards Saint Germain et Saint Michel (mais il y avait également des thermes dans l'île de la Cité, d'autres là où se trouve aujourd'hui le Collège de France et d'autres encore rue Gay-Lussac; sous Philippe le Bel (qui régna de 1285 à 1314), il y avait dans la capitale  une trentaine de bains publics qu'on appelait des étuves, lieux d'hygiène et de plaisir comme en témoignent de nombreuses illustrations.

    Au XVIIIème siècle, des bains publics étaient installés sur des bateaux ancrés au pont de la Tournelle et au pont Royal, ce qui réglait les problèmes de l'alimentation et de l'évacuation; à la veille de la Révolution, l'architecte Lenoir construisit  les luxueux "Bains Chinois" 29 boulevard des Capucines et en 1789 s'ouvrait à l'angle du quai d'Orsay (aujourd'hui quai Anatole France) et de la rue de Bellechasse un établissement de bains chauds, bains de vapeurs et douches en tous genres. Des médecins prescrivaient des bains pour soigner les malades: Marat qui souffrait d'eczéma été assassiné dans sa baignoire et en 1804 un pharmacien pronait les bains de fumigation au mercure contre les maladies vénériennes.

     

     

    AU XIXème, les bains flottants ancrés dans la Seine se multiplièrent: ceux du Louvre près du Pont des Arts, de la Samaritaine après le Pont Neuf, ceux des Tuileries au Pont Royal, du Pont Royal quai Voltaire, du Pont Neuf  et des Fleurs tous deux quai de la Mégisserie, du Pont de Solférino quai des Tuileries, plus tard ceux devant la gare d'Austerlitz à 20 centimes (environ 1 euro).

     

     

     

    Puis, après 1860, les progrès de l'hygiénisme dans les mentalités et la construction des réseaux d'eau potable et d'égouts firent se multiplier les établissements de bains un peu partout dans la ville, offrant aux Parisiens un grand choix: bains de vapeur au Hammam 18 rue des Martyrs, au Balneum 16bis rue Cadet, au Hammam Monge 63 rue du Cardinal Lemoine et au Hammam Saint Paul 4 rue des Rosiers; des bains de boue 222 rue de Rivoli, des bains électriques (!) 6 rue du Rendez-vous, des bains d'air comprimé (qui devaient ressembler à nos jacuzzis?)17 rue des Pyramides. Les prix pouvaient atteindre 5 francs (environ 25 euros) et certains établissement avaient  des entrées différentes pour les hommes et les femmes. La plupart ont aujourd'hui disparu mais les bains douches de la rue Legouvé, reconvertis dans les années 70 en galerie d'art, ont gardé une partie des installations et des cabines.

     

    Au XXème siècle, la ville construisit les "Bains Douches" municipaux, plus simples et beaucoup moins chers (gratuits de nos jours), quelques uns  associés avec une piscine (Amiraux, Butte aux Cailles, Blomet) ou à un gymnase (Bidassoa, Ermitage, Jean jaurès). Depuis, certains ont été démolis, d'autres reconvertis comme ceux de la rue Saint Merri devenu poste de police. Aujourd'hui, il reste un peu moins d'une vingtaine de ces "Bains Douches" municipaux en activité et ceux de la rue de la Bidassoa ont conservé leur extraordinnaire décor des années 30.